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Melpomène

Melpomène était , des trois muses de la mythologie grecque, celle de la tragédie

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Entre les lignes [ 2 ] : Bye Bye Blondie

"Elle sanglotte en marchant, sans chercher à se faire plus discrète.
Tant pis pour les gens qui la croisent et lui jettent un regard compatissant, méprisant, inquiet ou désaprobateur... ce qu'elle en a à foutre, du regard des gens qu'elle ne connaît pas.

Depuis quelques années que ça va tout le temps mal, elle pleure souvent en ville et elle a cru remarquer que les gens adoraient ça."

in "Bye Bye Blondie"
de Virginie Despentes
(page  13)

Bubblegum

Ecrit par BubbleGum, le Jeudi 11 Novembre 2004, 22:36 dans la rubrique "Entre les lignes".

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Commentaires

Songe

11-11-04 à 23:43

Tu crois que si un inconnu lui tendait un mouchoir, elle y verserait toutes les larmes qu'elle a retenu en plus de celle qu'elle a déjà versé ?

Souvent quand je vois une personne pleurer j'ai envie spontanément d'aller à elle mais ma timidité et la crainte de briser un moment de solitude souhaité me retiennent; alors je regarde en silence, quêtant un éventuel moment où mon pas pourrait rencontrer le sien ...

Généralement il ne vient pas et je remporte avec moi l'image d'un être humain qui pleure, c'est beau dans son naturel, c'est triste dans sa réalité ...

 


Re:

BubbleGum

12-11-04 à 12:01

Honnêtement je n'en sais rien...

Si ça m'arrivait, je pense que je n'oserai pas me laisser aller devant un inconnu. Je retiendrai certainement toutes ces larmes pas encore versées, et j'essaierai d'arrêter celles qui se versent déjà, celles qui pensaient venir déjà s'ajouter aux autres, dans la tristesse du moment.

Je fermerai sans doute mon coeur de peur du jugement des autres, de leur regard. J'ai toujours détesté les regards compatissants, les sourires timides qu'on lance devant la tristesse d'autrui, parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre. C'est sans doutes l'une des raisons qui me poussent à cacher mes larmes aux regards extérieurs. J'aime la solitude, c'est le seul moment où je laisse exploser mon coeur, ou j'ouvre les portes qui permettent à mes sentiments de remonter à la surface, sans censures, sans peur...

Mais là il s'agit de moi...

Dans le cas du livre, si un inconnu lui tendait un mouchoir, elle lui dirait sans doutes d'aller se faire foutre et lui jetterai son mouchoir à la gueule. Elle repartirait dans la direction opposée, pleine de rage contre cet inconnu, et ses larmes continueraient à couler de plus belle face aux peines qui l'habitent...

Tu as raison, une être humain, et surtout une femme, selon moi, qui pleure, c'est beau. C'est naturel, c'est attendrissant, c'est la fragilité à l'état pur, celle qui donne envie de prendre la personne dans ses bras pour faire fuir toutes ses peurs, toutes ses peines et toutes ses colères...

Mais c'est aussi tellement triste de voir quelqu'un pleurer. Aux enterrements, je pleure toujours, même lorsqu'il s'agit d'une personne que je n'ai pas connue, ou très peu. Je pleure, non pas sa disparition, mais mon inutilité face à toutes ces personnes qui l'ont aimé et qui pleurent aujourd'hui cet être disparu. Parce que j'aimerai pouvoir faire quelque chose mais que je ne peux pas, qu'on ne peut jamais rien faire, ou si peu, pour atténuer la tristesse des gens. Alors je pleure de les voir pleurer, même si c'est stupide...

Bubblegum


Re: Re:

Songe

13-11-04 à 10:38

Pourquoi détester des regards humains ? Ce sont ceux qui glissent sur moi qui me sont désagréables et non pas ceux qui s'y arrêtent ...

La compassion a comme étymologie "souffrir avec", ce n'est pas de la pitié c'est une tentative de compréhension, de la peine à voir de la tristesse.

Ne sois pas si anxieuse du jugement des autres : que tu te taises, parles, caches ou te montres, il sera toujours là à se saisir de tes faits et gestes.

J'aime aussi la solitude mais je n'aime pas lui confier trop de mon intimité même si je le faisais avant, il y a toute une part que je privilégie aujourd'hui de mettre entre les mains qui en prennent soin et y ont un répondant; ça permet d'avancer, de se défaire de certaines choses tropà profondément ancrées pour qu'on en ait conscience et que le regard de l'autre désamorce.

C'est triste de voir quelqu'un pleurer mais ce que j'aime dans cet acte c'est justement l'authenticité; la beauté de ce moment réside dans le fait que la personne qui nous fait face laisse tomber quelques-unes de ses barrières d'apparence et laisse voir son âme en toute spontanéité et honnêteté ...

En ce qui concerne l'enterrement, je crois que c'est un deuil qui ne demande pas à être consolé, c'est une douleur trop forte qui a besoin d'être vécue par les pleurs pour se libérer.  C'est après l'enterrement qu'on peut faire quelque chose en étant présent pour recueillir la douleur des choses et y glisser les quelques mots susceptibles de l'apaiser.

 


Re: Re: Re:

BubbleGum

14-11-04 à 19:02

Je ne déteste pas les regards humains, je dirais plutôt qu'ils me font peur, que j'ai peur du jugement que je pourrais y lire. En voyant quelqu'un pleurer dans la rue, on essaie de savoir, de deviner ce qui pourrait ne pas aller et, par la même occasion, on la juge forcément, soit en tant que victime, soit en tant que dépressive, ou que sais-je d'autre encore.

C'est ce jugement hâtif que je déteste par dessus tout, cette manie qu'ont les gens de toujours vouloir tout comprendre, et d'inventer ce qu'ils ne comprennent pas.

Bien sûr, je sais qu'ils seront toujours là pour saisir tout ce que je pourrais faire ou dire et le tourner dans le sens qui leur convient, que ce soit en bien ou en mal. Cette hypocrisie qui caractérise beaucoup de monde et que j'ai tendance à rencontrer souvent en ce moment, cette aptitude à tout prendre de façon à le retourner à notre avantage, c'est cela qui m'énerve et, même si elle sera toujours présente, j'estime qu'il n'est pas nécessaire, en plus de cela, de montrer son ame en public et, par la même occasion, de donne un coup de pouce aux rumeurs et jugements qui se font jour...

J'aime la solitude parce qu'elle ne juge pas, elle se contente d'écouter, et réponds à sa manière; par son silence, elle amène la réflexion, et souvent les réponses personelles, sincères et justes qu'une personne extérieure ne pourrait pas trouver seule. Bien sûr, je ressens parfois le besoin de parler à quelqu'un, de connaître sa vision des choses, son avis, mais je préfère, en général, prendre mes décisions et assumer mes peines toute seule...

Peut être est une mauvaise décision, un individualisme mal placé, ou encore de l'égoïsme de croire que quelqu'un d'autre pourra pas régler mes problèmes aussi bien que je pourrais le faire moi-même, mais c'est ma vision des choses, pour l'instant en tous cas, parce que quand on est jeune, on se croit invincible, maître du monde, et que plus tard, avec le recul, je me dirais que finalement, j'ai besoin des autres...

Bubblegum


Re: Re: Re: Re:

Songe

15-11-04 à 09:27

Mais plus tard tu seras jugée, tu seras attaquée dans ta profession et il faudra démontrer à ce jugement qu'il se méprend, qu'il est hâtif et arbitraire. Tu ne penses pas que c'est à toi de montrer à ce regard qu'il commet une faute en le laissant te découvrir autre que ce qu'il a préjugé.

Le jugement est l'étalon de repère de l'existence humaine et comme tout étalon de valeur il faut constamment le réajuster, le réviser afin qu'il touche au plus juste je pense.

 Je ne crois pas que c'est une hypocrisie ni qu'elle soit aussi intéressée que tu en as l'impression, du moins pas de manière générale, je crois que c'est simplement une question d'identité : on se positionne par rapport à l'autre et on le fait en s'appuyant sur ses a prioris; les a prioris et préjugés sont aussi nombreux que nos connaissances, ils en découlent directement, toi et moi en véhiculons beaucoup tous les jours, à chaque fois que nous énonçons une conviction. C'est là qu'intervient la communication : c'est à la discussion qu'il revient l'autorité de dégager une vérité communément accepté ou rejeté ou un compromis entre les a prioris qui fasse évoluer le discours de chacun.

La rumeur sera toujours là que tu taises ou parles, que tu te montres ou te caches : tantôt elle te dira superficielle parce que tu te voiles, tantôt elle te dira extravertie et impudique parce que tu te dévoiles. Mais qui est donc cette rumeur ? N'est-ce pas l'ennemie qu'on prend de face et à laquelle on démontre avec applomb notre singularité, face à laquelle on appuie notre individualité ? Enfin ce n'est que mon sentiment pour avoir subi ces rumeurs  durant des années où je me suis tu et les avoir désamorcées le jour où je me suis affirmé ...

J'aime aussi la solitude mais comme je le disais, je ne lui confierais jamais le soin de prendre soin de toute mon intimité, j'aurais le sentiment de manquer d'objectivité dans la vision que j'ai de moi-même, une objectivité que seul apporte le regard de l'autre sur nos démons. Il faut savoir vivre sa solitude mais je crois que quand on a appris à l'apprivoiser vient ce moment où elle n'offre plus les ressources que procurent l'échange et la réciprocité de celui-ci.

On est toujours le mieux placé pour résoudre ses problèmes mais on ne l'est pas toujours pour savoir comment les résoudre : j'ai plus souvent puisé la pertinence dans le recul de la vision d'un ami que dans le tumulte trop émotionnel de mes propres pensées.

On est vulnérable le jour où on se rend compte qu'on a soi-même pour seul appui et fondement de la vie qu'on tente de construire, je te souhaite de ne jamais connaître ce sentiment ...

 


Re: Re: Re: Re: Re:

BubbleGum

15-11-04 à 22:46

Je n'ai que moi comme seul appui de la vie que je tente de me construire, parce que je ne veux avoir à compter sur personne, je ne veux avoir à remercier personne, plus tard, pour les choses que j'aurai accomplies, et je ne veux en vouloir à personne si jamais je n'arrive jamais au bout de ces choses. Ce sera alors à moi et à moi seule qu'en reviendra toute la gloire, ou toute la faute, selon les cas.

Tu peux le prendre soit pour de l'égoïsme, soit pour de l'individualisme trop poussé, ou encore pour une solitude exacerbée, une peur du monde ou que sais-je encore, et peut être auras-tu raison. Je me dis que c'est simplement de l'orgueil, et un peu d'invidualisme, bien sûr, mais qui sait si ça l'est vraiment. Peut être que j'essaie simplement de me mentir à moi-même, après tout, et qu'en fait j'ai simplement peur d'apprendre des autres des choses sur moi que je préfèrerais ne jamais connaître. Peut être que j'ai peur de voir dans leurs yeux le reflet de ma propre imperfection, d'entendre entre leurs mots des critiques que je voudrais taire...

Pour être honnête, je ne le sais pas moi-même. Je ne sais pas d'où me vient cette peur du jugement des autres, cette solitude, ce mystère que j'ai toujours conservé....

Et ces études de droit qui me mèneront, comme tu le dis, à être critiquée, controversée, ne sont peut être qu'une manière de passer outre cette peur, de la vaincre même.

Je suis très contradictoire moi-même, tu as dû sans doutes le remarquer, et ici encore, je remarque à quel point je peux l'être parfois dans ma façon d'être. J'ai peur du jugement des autres, c'est vrai, et j'évite de me dévoiler afin de ne pas nourrir les éventuelles rumeurs et d'un autre côté, je fais tout, dans mon style vestimentaire et dans ce look que je cultive chaque jour, pour qu'on me regarde et qu'on me remarque. Je voudrais être telle qu'on ne trouve rien à dire sur moi, mais je fais tout pour ne pas passer inaperçue, parce qu'être invisible aux yeux des autres, c'est une mort en soi...

Ce n'est sans doutes pas très clair, mais je ne sais pas comment je pourrais exprimer clairement quelque chose qui dans mon coeur même semble enveloppé d'un brouillard insondable. Parfois, j'aimerais pouvoir entrer dans ma tête, pour comprendre tout ce qui s'y passe tellement je peux me sembler étrangère à moi-même, instable, superficielle...

Je suis vulnérable, et bien plus que je ne veux bien le montrer, mais j'essaie toujours de cacher ma fragilité derrière une couche de fond de teint et un sourire éclatant...

Cela dure le temps que ça dure, et on marche la tête haute avec cette assurance affichée et que tout le monde prend pour argent comptant. Et le jour cette comédie s'arrête, comme Cendrillon redevient souillon à minuit, on s'écroule ou on apprend à se relever

Seul l'avenir le dira

Bubblegum


Re: Re: Re: Re: Re: Re:

Songe

16-11-04 à 10:30

Je le prendrais simplement pour de la singularité parce que tu as choisis d'être seule juge de toi-même. Tu fais des choix qui sont motivés par un raisonnement qui t'appartient, et selon ta nature, je fais des choix motivés par un raisonnement qui m'appartient, et selon ma nature. Je ne crois pas qu'on puisse comparer ces choix véritablement, peut-être rejoindrais-je un peu les tiens selon les évènements ou inversement; mais tu penses ne pas pouvoir changer les défauts qu'on te trouverait ?

Ne vaut-il pas mieux affronter cette peur avant de ne plus avoir de choix et de possibilité de recul ?

Je suis moi aussi très contradictoire et multiple mais je ne vois pas de contradiction profonde entre ces deux traits de ta personnalité : tu te montres pour être reconnue et tu te caches de peur de ne pas l'être. L'essentiel est que tu te sentes toi-même dans l'apparence que tu donnes sinon ce ne sera jamais que l'image que tu projettes qui sera reconnu et non pas ce que tu penses être profondément.

Parfois j'aimerais pouvoir entrer dans ta tête juste pour t'aiguiller, sans que tu ne me doives rien, juste pour ajouter ma réflexion à la tienne pour percer les brumes ...

A la fin Cendrillon trouve chaussure à son pied ...

Seule toi pourra le dire à l'avenir ...


Re: Re: Re: Re: Re: Re: Re:

BubbleGum

16-11-04 à 20:29

Oui, tu as sans doutes raison. Chacun réagit selon ses propres pensées, ses propres expérience et, surtout, selon ses idéaux.

Il vaut sans doutes mieux affronter cette peur, oui, et changer en fonction de la réaction des gens, mais il est bien plus facile de se cacher derrière une façade de désinvolture, de se boucher les oreilles et de décreter ne pas accorder d'importance à l'opinion d'inconnus. Bien que je sache que la facilité n'est que très raremetn la meilleure solution, il faut avouer que ça reste la plus facile à réaliser.

Si l'apparence que je me donne me ressemble, honnêtement, je n'en sais rien. Je suppose que oui, qu'on n'aime que ce qui nous ressemble, et je me dis que c'est pour cette raison que je parais de cette façon, et non pour attirer la sympathie, voire la jalousie des gens.

Ces réflexions me font rire, je me cherche des excuses, des traits de caractère qui pourraient coller... par exemple, pour expliquer le fait qu'il me faut toujours les chaussures assorties à la tenue, je dirais que je suis perfectionniste.

Mais finalement, comment savoir si l'image que l'on projette est la bonne si l'on doute même de ce que l'on est intérieurement? J'aimerais percer les brumes, moi aussi, et ne plus me poser de questions...

En attendant, gardons l'image de Cendrillon, puisqu'elle trouve chaussure à son pied, finalement...

Bubblegum


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